09 mai 2008
Erotisme et spiritualité le cantique des cantiques
- LE CANTIQUE DES CANTIQUES (extrait)
- Quand érotisme et spiritualité ne font qu'un. Pour moi le plus beau texte de la bible...
- Retourne, retourne, la Shoulamit !
Retourne, retourne, nous te contemplerons !
Que contemplez-vous en Shoulamit ?
Comme la ronde des deux camps. - Qu'ils sont beaux, tes pas dans les sandales, fille de prince ! Le galbe de tes cuisses, tels des joyaux, est oeuvre de main d'artiste.
- Ton ombilic, cratère lunaire, ne manque pas de brandevin.
Ton ventre, une meule de blé enclose de lotus. - Tes deux seins, tels deux faons, jumeaux d'une gazelle.
- Ton cou, telle une tour d'ivoire; tes yeux, des vasques de Hèshbôn, à la Porte de Bat-Rabîm.
Ton nez, comme la tour du Lebanôn, en éclaireur, fait face à Damèssèq. - Ta tête sur toi est comme le Karmèl; les nattes de ta tête, telle une pourpre; un roi y est captif de boucles.
- Que tu es belle, que tu es suave, amour, dans les délices !
- Ceci, ta taille, ressemble au palmier, et les seins à des pampres.
- J'ai dit: Je monterai au palmier, j'en saisirai les spathes.
Qu'ils soient donc, tes seins, comme des pampres de vigne, et l'odeur de ton nez comme celle des pommes. - Ton palais, tel un vin, le bon, va à mon amant aux rectitudes;
il fait balbutier les lèvres des dormeurs. - Moi à mon amant, et sur moi sa passion.
- Va, mon amant, sortons au champ, nuitons dans les villages !
- Matinaux aux vignobles, nous verrons si la vigne fleurit, s'ouvre le bouton, étincellent les grenadiers.
Là, je te donnerai mes étreintes. - Les mandragores donnent leur odeur;
en nos ouvertures, toutes succulences, neuves et antiques aussi, mon amant, je les recèle pour toi. - Te voici belle, ma compagne, te voici belle !
Tes yeux palombes à travers ton litham; tes cheveux tel un troupeau de caprins qui dévalent du mont Guil'ad; - tes dents tel un troupeau de tondues qui montent de la baignade; oui, toutes jumelées, sans manquantes en elles.
- Tes lèvres, tel un fil d'écarlate, ton parler harmonieux; telle une tranche de grenade, ta tempe à travers ton litham ;
- et telle la tour de David, ton cou, bâti pour les trophées: mille pavois y sont suspendus, tous les carquois des héros.
- Tes deux seins, tels deux faons, jumeaux de la gazelle, pâturent dans les lotus.
- Avant que le jour se gonfle et s'enfuient les ombres, j'irai vers moi-même au mont de la myrrhe, à la colline de l'oliban.
- Toi, toute belle, ma compagne, sans vice en toi.
- Avec moi du Lebanôn, fiancée, avec moi du Lebanôn, tu viendras !
Tu contempleras de la cime d'Amana, de la cime du Senir et du Hermôn, des tanières de lions, des monts de léopards ! - Tu m'as incardié, ma soeur-fiancée, tu m'as incardié d'un seul de tes yeux, d'un seul joyau de tes colliers.
- Qu'elles sont belles, tes étreintes, ma soeur-fiancée, qu'elles sont bonnes tes étreintes, plus que le vin !
- L'odeur de tes huiles plus que tous les aromates !
- De nectar, elles dégoulinent, tes lèvres, fiancée !
- Le miel et le lait sous ta langue, l'odeur de tes robes; telle l'odeur du Lebanôn !
- Jardin fermé, ma soeur-fiancée, onde fermée, source scellée !
- Tes effluves, un paradis de grenades, avec le fruit des succulences, hennés avec nards;
- nard, safran, canne et cinnamome avec tous les bois d'oliban; myrrhe, aloès, avec toutes les têtes d'aromates !
- Source des jardins, puits, eaux vives, liquides du Lebanôn !
- Éveille-toi, aquilon ! Viens, simoun, gonfle mon jardin !
Que ses aromates ruissellent !
Mon amant est venu dans son jardin; il mange le fruit de ses succulences. - Je viens dans mon jardin, ma soeur-fiancée, j'égrappe ma myrrhe avec mon aromate, je mange mon rayon avec mon miel, je bois mon vin avec du lait.
Mangez, compagnons, buvez, enivrez-vous d'étreintes !...
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